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    Dédale

    Dédale T01 Doki DokiDédale, dont le titre japonais est Hyakumanjyou Labyrinth (百万畳ラビリンス) est un manga en deux volumes dessiné et scénarisé par Takamichi. Il fut pré-publié entre juin 2013 et avril 2015 dans le magazine Young Comic (ヤングコミック) des éditions Shônen Gahôsha (少年画報社). En 2016, il a été sélectionné aux Manga Taishô Awards, prix décerné par les libraires japonais.

    En France, les deux volumes que compte ce manga sont sortis simultanément le 06 juillet 2016, aux éditions Doki Doki, pour 8 euros 50 le tome. Un extrait est disponible en ligne pour vous donnez une idée de l’oeuvre.

    Reika et Yôko sont débuggueuses dans une boite de jeux vidéo. Elle passe leur temps à jouer afin de trouver les petites anomalies du jeu qui auraient échappé aux développeurs. Elles sont également colocataire dans un petit appartement fournit par leur entreprise.

    Un jour, elle se retrouve dans un lieu étrange : des pièces à perte de vue, toutes plus ou moins identique. Où sont-elles ? Y a t-il quelqu’un d’autre dans ce monde étrange ? Pourquoi sont-elles là ? Elles devront résoudre les mystères de ce monde pour connaître les réponses à ses questions.

    Dédale est un manga de genre « survival » un peu différent. Les mangas de ce type sont souvent sanglant, avec une multitude de personnages dont beaucoup ne survivront pas très longtemps – en tout cas, c’est l’impression que donne le genre à une personne comme moi, qui suis vaguement les sorties mais qui n’en lis pas. Ici, vous ne trouverez pas une seule trace de sang ou de cadavre : on suivra juste nos deux héroïnes dans un univers particulier avec ses codes et ses secrets. Il n’en reste pas moins que l’histoire est très intéressante même si elle manque un peu d’action. Le point fort de Dédale reste son univers intelligent, original et bien exploité. On a vite envie de savoir la vérité sur ce monde.

    L’héroïne principale, Reika KUBAJIMA, est une étudiante passionnée de jeux vidéo. Mais ce qu’elle aime le plus, ce sont les bugs, qui lui permettent de voyager dans des mondes que les développeurs n’avaient pas imaginé. Reika est une jeune fille atypique, qui ne voit pas le monde comme tout le monde. En grandissant, son caractère et sa vision des choses un peu différente l’ont rendu solitaire et elle s’est peu à peu renfermée sur elle-même. Mais si son caractère est un handicap dans le monde normal, il deviendra un atout qui lui permettra de déjouer les pièges et de résoudre les mystères du monde étrange dans lequel elle se retrouve.

    Comparé à Reika, Yôko est beaucoup plus terre à terre. Alors que Reika s’amuse comme une folle dans cet univers aux règles différentes, Yôko ne désire qu’une seule chose : retrouver son quotidien.

    Dedale

    C’est très agréable d’avoir des personnages principaux féminins intelligents et fans de jeux vidéo, même si on en voit de plus en plus comme Umaru de Himouto! Umaru-chan. Il y a même un anime où des jeunes filles travaillent dans le monde du jeu vidéo (NEW GAME!). Mais dans Dédale, on n’est pas dans une comédie avec des personnages mignons comme ces deux séries. Si ce sont des filles, ce n’est pas pour faire plaisir au fan de personnages mignons. Ce sont des personnages féminins à part entière dont la féminité à un rôle dans le récit mais je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler. Donc oui, les filles jouent aux jeux vidéo, elles jouent aux FPS, aux RPG et aux Otome Games et elles aiment ça.

    Dédale T02 Doki DokiL’édition de Doki-Doki est de bonne facture. Les couvertures sont jolies et le premier volume dispose de quatre pages couleurs. Le livre est souple et tient bien en main. Le gros reproche que l’on peut faire à l’édition de Doki Doki, c’est la faute d’orthographe récurrente sur le pluriel du mot « jeu vidéo ». En effet, on ne met pas de « s » à « vidéo » au pluriel. Un « jeu vidéo » donne donc des « jeux vidéo ». Le plus bizarre, c’est que la quatrième de couverture utilise le bon pluriel, au contraire de l’intérieur du manga. Mais bon, c’est une erreur que l’on retrouve souvent sur internet et même moi je la faisais encore il y a quelques mois mais ça reste difficilement pardonnable dans un livre édité par des professionnels.

    Dédale est un manga intelligent, avec un univers original et des personnages humains, dont une héroïne au caractère atypique. Un manga de genre « survival » qui change des canons du genre.

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    Last Quarter

    couv-vf-11Last Quarter, dont le titre original est Kagen no Tsuki (下弦の月), est un manga court en 3 volumes de la mangaka YAZAWA Aï, auteur du célèbre shôjo Nana. Il a été pré-publié entre 1998 et 1999 au sein du magazine Ribon de Shueisha. C’est en 2007 que l’éditeur Akata a sortie le titre en France.

    MOCHIZUKI Mizuki est une jeune lycéenne de 17 ans qui décide de tout quitter pour suivre Adam, un jeune musicien étranger aux yeux bleus qu’elle connait depuis peu et dont elle est amoureuse. Elle était même prête à partir à l’étranger avec lui. Seulement, alors qu’elle s’apprêtait à le rejoindre, elle se fait renverser par une voiture. Quand elle se réveille, elle se retrouve devant une grille qui semble sans fin. Là, elle rencontre une petite fille a la recherche de son chat.

    SHIRAISHI Hotaru, élève en primaire, se réveille à l’hôpital. Elle était à la recherche de son chat quand une voiture l’a renversé. A peine sortie de l’hôpital, elle retourne chercher son chat et se retrouve devant une maison abandonné. A l’intérieur, elle fait la rencontre d’une jeune fille. Amnésique, elle ne se souviens même pas de son nom. Et, chose encore plus étrange, elle ne peut pas sortir de la maison.

    Avec trois de ses camarades, Hotaru va enquêter pour essayer de venir en aide à cette jeune fille.

    couv-vf-21J’avais acheté le premier volume à la Japan Expo 2008 pour bénéficier de l’offre »L’été sera shôjo » de l’éditeur Akata. N’ayant pas d’autre manga à acheter, j’ai pris celui là car c’était une série courte. Je ne connaissais pas du tout l’histoire et je n’avais jamais lu de série de l’auteur. Le manga est resté longtemps dans ma bibliothèque sans que je ne l’ouvre mais cette année, j’ai profité de l’offre d’Akata pour terminer cette série que j’ai donc commencé à lire.

    Last Quarter est donc le premier manga de YAZAWA Aï que je lis et je comprend pourquoi cette mangaka est aussi apprécié. J’ai tout de suite accroché à l’histoire, j’adore les personnages et graphiquement, c’est très jolie.

    Au début, j’avais très peur que le style graphique de la mangaka ne me plaise pas. De ses dessins, je ne connaissais surtout que ceux de l’adaptation anime de Nana dont j’ai vu quelques épisodes. J’étais donc assez nerveuse mais je n’ai pas du tout été déçu. Les personnages sont bien dessiné et les décors sont jolie. La mangaka utilise un rendu photo pour les plan en ville, pour les bâtiments et les paysages extérieur en générale. C’est très intéressant et ça rend les décors plus réalistes. Bien sur, on est dans un shôjo et l’accent est mis sur les personnages mais les décors sont quand même bien réussi.

    L’histoire me paraissait banale au début mais le côté fantastique me plait beaucoup. On se pose beaucoup de question et quand certaine sont élucidé, on en a de nouvelle qui viennent les remplacer. L’histoire n’est pas vraiment originale. Certain évènements sont classiques et certain fait que découvre les enfants sont tellement évidents que j’avais déjà deviné plusieurs chapitres plus tôt. Niveau narration, j’ai eu un peu de mal à suivre à un ou deux endroits mais ce que j’ai vraiment bien aimé, c’est que, tout du moins au début, chaque personnages prennent la place de narrateur. Dans le premier volume, on a d’abord le point de vue de Mizuki, puis on passe à celui de Hotaru, puis à celui de sa meilleure amie Sae et on retourne sur celui de Mizuki. Le deuxième volume s’ouvre sur Tetsu, un autre camarade de Hotaru. Mais ce tome laisse plus de place à la recherche et aux découvertes des enfants qu’à leurs sentiments. Au final, cet aspect disparaît encore plus dans le dernier volume où c’est Hotaru qui a la plupart du temps le rôle du narrateur, jusqu’au chapitre final qui laisse la place à un personnage assez inattendu.

    couv-vf-31Le gros point fort pour moi ce sont les personnages. Ils ont tous une personnalité intéressante et j’ai surtout beaucoup apprécié les personnages principaux. Même si ce sont des enfants, ils sont loin d’être des têtes à claque. Ils sont tous très débrouillard et certain sont même très mature. Certaine de leurs paroles sont pleine de pessimisme comme cette citation de Hotaru que je trouve très triste :

    Est-ce qu’il existe en ce monde des mots… assez forts ou assez porteurs d’espoirs… pour la retenir ici ?

    Moi, j’en connais pas.

    Last Quarter – Tome 2 – Page 149

    Les autres personnages sont tous très secondaires et ne sont pas très marquant. Le seul personnage qui m’ait vraiment déplu reste Mizuki qui devient vraiment très horripilante vers la fin du manga car elle ne se soucie pas des sentiments des autres et elle ne pense qu’à son Adam. >___>

    Au final, ce manga reste pour moi une sacré réussite. S’il n’est pas super original, il se rattrape facilement avec une histoire passionnante et des personnages vraiment attachants.